Cause animale

Vente d’animaux en animalerie : ce qui reste permis

Chiens et chats, terminé depuis janvier 2024, et un décret du 1er août 2026 met enfin 1 500 € au bout. Ce qu’une animalerie garde le droit de vendre, ce qu’elle n’a plus le droit de montrer, et où passent les chiots aujourd’hui.

Par Yann Kerbrat Publié le 8 août 2026 3 min de lecture

Un chiot de huit semaines assis seul derrière la vitre d’un box de présentation, sur un sol couvert de copeaux.
Canis lupus familiarisA S M Jobaer, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Une animalerie peut-elle encore vendre un chien ou un chat ?

Non. Plus un seul, ni vendu ni donné, depuis le 1er janvier 2024.

Le 2 janvier 2024, j’ai écrit sur la page du refuge que la filière venait de perdre son rayon le plus rentable. C’est le texte que je regrette le plus d’avoir publié. Kerlan a enregistré 1 342 entrées en 2025, dont 806 chats. Je n’ai vu aucune courbe descendre. Ce qui partait du rayon part d’une annonce, et se récupère sur un parking.

L’article 15 de la loi du 30 novembre 2021 interdit la cession de chiens et de chats dans les établissements de vente. Pendant deux ans et demi, rien ne la sanctionnait. Un décret du 1er août 2026 l’a fait : contravention de cinquième classe, jusqu’à 1 500 € par animal, 3 000 € en cas de récidive, et le ministère de l’agriculture le dit ainsi. La gratuité ne sauve personne : un chaton offert avec un sac de croquettes tombe sous le même article.

Reste permise dans le magasin la journée d’adoption montée avec une association ou une fondation, en présence de ses bénévoles, sur des animaux abandonnés ou sans propriétaire retrouvé.

Qu’est-ce qu’une animalerie a encore le droit de vendre ?

Tout le reste. Lapins, cochons d’Inde, hamsters, rats, furets, oiseaux, poissons, reptiles.

L’interdiction nomme deux espèces et s’arrête là. Un lapin de huit semaines part encore d’un rayon le samedi après-midi. C’est pour ça que la formule « fin de la vente d’animaux en animalerie » est fausse, et qu’elle circule quand même partout.

Une règle s’applique en revanche à tout le monde, chien, chat, lapin ou perruche. Depuis le 1er décembre 2021, aucun animal ne doit être visible depuis une voie ouverte à la circulation publique. La vitrine sur rue est morte, et le décret d’août 2026 la sanctionne aussi : quatrième classe, jusqu’à 750 € par animal, quelle que soit l’espèce. Elle vise le passant du samedi qui n’était pas venu pour ça, et personne n’en parle.

Où acheter un chiot ou un chaton, alors ?

Chez un éleveur déclaré, dans un refuge, ou chez un particulier déclaré.

Vendre un chiot né d’une chienne qu’on possède fait de toi un éleveur au sens du code rural, dès le premier animal cédé, et impose un SIREN pris à la chambre d’agriculture. Une dérogation : une portée par an et par foyer fiscal, inscrite au LOF ou au LOOF.

Quatre mentions doivent figurer dans l’annonce. Le SIREN ou le numéro de portée. L’âge. Le numéro d’identification, ou celui de la mère, celui qui te le rendra s’il disparaît. Le nombre de petits de la portée. Une seule qui manque, tu passes.

Le certificat d’engagement et de connaissance encadre le reste. Sept jours doivent séparer sa remise de la cession. Sa remise, pas ta signature : le Conseil d’État a annulé le 21 mars 2025 l’instruction qui comptait depuis la signature. Un refuge, lui, te fera revenir pendant ces sept jours : une adoption ne se boucle pas en un samedi.

Un chien de première catégorie ne se vend ni ne se donne, même à titre gratuit. On a gardé Ruben quatre ans et sept mois pour ça.

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